LE DEUXIÈME JOUR DE TRAVAIL AVEC LE COMPOSITEUR

Au 2ème jour de travail avec Laurent, nous nous installons dans son atelier, où il a préparé des sons à me faire écouter.
Laurent me dit que le boulevard périphérique est une hétérotopie, au sens foucauldien du terme. Une localisation physique de l’utopie. Un lieu dans lequel on entre et duquel on sort selon un certain protocole et selon des règles précises. Un espace qui héberge l’imaginaire.

Laurent me fait écouter des sons pleins. Longs. Certains sont purs, d’autres présentent des variations. Certains sont travaillés à l’intérieur.

Je ne peux pas parler de sons, je n’ai pas de langage approprié. Je m’arrête souvent pour lui demander « comment on appelle ça ? ». Laurent dit que de toute manière on ne peut pas parler des sons. Nous trouvons que c’est beau de devoir nommer à chaque pas les nouveaux sons que l’on écoute, leur trouver un nom, car il n’en portent pas un, il faut leur en attribuer un issu de notre langage commun pour qu’on puisse se comprendre et avancer ensemble.

On abandonne les sons uniques, pleins, longs…comme je tente de les nommer. Quelque chose ne nous convainc pas dans cette première phase de la recherche.

On parvient à une rythmique. Une rythmique des matières. Plusieurs sons, faits de plusieurs matières, s’articulent dans une symphonie asymétrique. On fait les essais sur les images prises à la volée lors de notre tour du périphérique. Il y a quelque chose qui fonctionne. Un espace se crée. Et ce n’est pas seulement un lieu, mais c’est aussi un temps, celui de l’histoire.

Ces sons sont des impacts organisés dans une forme, une temporalité, en rapport avec une pulsation qui est plus ou moins mise en avant selon les moments. C’est pour cette raison que Laurent parle de rythmique.

Laurent fait plusieurs essais. À certains moments il crée des personnages sonores pour qu’on puisse accompagner les personnages visuels (les bâtiments-personnages qui émergent du paysage monotone du périphérique).

Ensuite on abandonne les images du périphérique d’aujourd’hui et on fait des essais avec les photographies de la Voirie de la Mairie de Paris. La relation son-image est très forte.

On se dit qu’à un moment les sons devraient se détériorer sur ces images, comme si la matière à l’intérieur passait à un stade de putréfaction, comme si les sons se mettaient à venir des entrailles du périphérique, d’en dessous.

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